dimanche 18 janvier 2009
Mariage de Yan et Marc
Un mariage pour toujours, 婚姻的永远,
qui est entouré d'amour, 围绕着爱恋,
celui qui rime avec toujours, 和着永恒的韵律,
et cela chaque jour. 也伴着每日每天。
Gwen
(traduit par Liang,王亮译)
samedi 17 janvier 2009
un 17 janvier très chinafien
Tous nos voeux de bonheur aux jeunes mariés
VIVE LES NOVIS
Nicole
mardi 13 janvier 2009
Une énigme

Wou Tchen (1280-1354) Bambous et rocher
Dans un livre intitulé Haï, JMG Le Clézio écrit cette phrase un peu énigmatique :
« Il faudrait parler de cette expérience comme on parle de la mer, par exemple. Elle était là, on la côtoyait tous les jours, on la regardait, on y pensait, mais on ne savait pas ce qu’elle voulait. Mais la mer, elle, savait. C’était elle qui entourait les villes, elle qui organisait les pensées des hommes, qui réglait ses musiques, ses tableaux et ses poèmes. Et non pas l’inverse. Comment imaginer cela ? Quand on se servait des mots du langage, et qu’on les alignait sur la feuille blanche, on ne s’en doutait pas, mais ce qu’on alignait, c’étaient des coquillages. Ce qu’on découvre alors, un jour, comme cela, rien qu’en étant assis sur un rocher devant la mer, vous comprenez, c’est que l’expérience des hommes est incluse dans l’expérience de l’univers. Ca, c’est vraiment terrifiant, et en même temps délectable, parce qu’à ce moment-là, beaucoup de mots apparaissent, beaucoup de mots s’écroulent. Cela veut dire que le langage est une expression de l’univers modifiée par la bouche des hommes, un langage interprété en quelque sorte, dont l’original restera toujours sans traduction. »
Quel rapport peut-il y avoir entre la peinture d’un artiste chinois de la dynastie des Yuan et le texte d’un auteur français contemporain ?
Que peut bien vouloir dire Le Clézio ? Les mots seraient des coquillages ? Les livres, les musiques, les tableaux des hommes seraient contenus dans le flux de la Nature ? Quel est ce renversement de perspective auquel nous convie Le Clézio ? Quelle est cette expérience terrifiante et délectable dont il parle ?
C’est ce que nous allons tenter de découvrir le long d’une série d’articles.
Un premier indice pour résoudre cette énigme ne tiendrait-il pas dans le fait que Le Clézio raconte dans son livre sa rencontre avec le monde amérindien. Faut-il faire un détour par d’autres cultures pour en trouver la solution ?
Fortement influencés par le cartésianisme, nous avons un peu de mal à comprendre ce texte. Nous avons l’habitude de dire : je parle, j’écris, je pense, j’écoute de la musique ….et non les choses se pensent en moi, la musique se vit en moi.
Il semble que le fameux « Je pense donc je suis » qui nous parait évident aurait été difficile à traduire en chinois ancien. Anne Cheng dans son Histoire de la pensée chinoise nous signale « qu’au regard des langues indo-européennes, l’un des faits les plus frappants est l’absence en chinois ancien du verbe « être » comme prédicat » et elle cite Jean Beaufret « La source est partout, indéterminée, aussi bien chinoise, arabe qu’indienne …mais voilà, il y a l’épisode grec, les Grecs eurent l’étrange privilège de nommer la source « être ». »
Et Nicolas Zufferey dans Introduction à la pensée chinoise nous dit « qu’en chinois classique, le sujet de la phrase peut naturellement tomber ».
« Source indéterminée » : conservons en mémoire cette expression : elle nous fournit un second indice très important car vous vous souvenez peut-être que nous l’avons rencontré dans différents textes traitant du taoïsme.
Nous y reviendrons bien sûr, mais auparavant pour tenter de mieux comprendre l’expérience délectable dont nous parle Le Clézio, nous allons la rapprocher d’autres expériences vécues en des lieux et des époques différentes. Nous suivrons un promeneur solitaire perdu dans ses rêveries le long d’une petite rivière des Alpes, nous surprendrons un adolescent à son réveil et nous recueillerons les confidences d’un ethnologue remontant le rio Machado à la rencontre des indiens Tupi-Kawahib. Puis, mais vous l’aviez deviné, nous partirons pour la Chine lointaine afin de tenter un parallèle entre ces expériences et celle des sages chinois qui se sont essayés à ce qu’ils ont nommé « la culture de soi ». Ce sera aussi l’occasion de chercher et de présenter de beaux textes qu’ils soient français ou chinois, de belles calligraphies, de merveilleux tableaux et poèmes et peut-être de vous donner envie, de nous donner envie d’approfondir la connaissance de ces œuvres.
A suivre…
Françoise,
Jingping,
Weiyi,
Jean-Louis
dimanche 11 janvier 2009
LE COLORADO DE RUSTREL
Notre rendez vous pour nous rendre au Colorado de Rustrel le dimanche 25 janvier 09 est fixé à 9 heures 15 au métro La Rose ou pour ceux qui le désirent à 10 heures 45 au parking municipal de Rustrel.
Dans un 1er temps nous emprunterons le sentier bleu dit des cheminées de fées
Ensuite nous ferons le tour du Sahara (balisage rouge)
Dans un troisième temps nous nous rendrons au cirque de Barriès en passant par la cascade (balisage vert).
Et enfin nous terminerons par le désert blanc (balisage blanc).
Bien sûr nous mangerons sur place donc prévoir un pique nique dans un sac à dos,
Suivant où nous mangerons il serait bon de prévoir un sac plastique ou quelque chose d’approchant pour se protéger du sol parfois humide et manger dans des conditions optimales.
La ballade est facile et le paysage est GRANDIOSE alors n’hésitez pas à vous joindre à nous pour une journée où nous savourerons tous ensemble la nature de notre chère planète.
Petit conseil que vous connaissez par cœur maintenant : c’est l’hiver alors bien se couvrir et ne pas oublier de mettre des chaussures adéquates, chaussures de marche conseillées ou au pire de sport.
A dans quinze jours donc.
Vive notre amitié !
Vive Chinafi !
Nicole
Dans un 1er temps nous emprunterons le sentier bleu dit des cheminées de fées
Ensuite nous ferons le tour du Sahara (balisage rouge)
Dans un troisième temps nous nous rendrons au cirque de Barriès en passant par la cascade (balisage vert).
Et enfin nous terminerons par le désert blanc (balisage blanc).
Bien sûr nous mangerons sur place donc prévoir un pique nique dans un sac à dos,
Suivant où nous mangerons il serait bon de prévoir un sac plastique ou quelque chose d’approchant pour se protéger du sol parfois humide et manger dans des conditions optimales.
La ballade est facile et le paysage est GRANDIOSE alors n’hésitez pas à vous joindre à nous pour une journée où nous savourerons tous ensemble la nature de notre chère planète.
Petit conseil que vous connaissez par cœur maintenant : c’est l’hiver alors bien se couvrir et ne pas oublier de mettre des chaussures adéquates, chaussures de marche conseillées ou au pire de sport.
A dans quinze jours donc.
Vive notre amitié !
Vive Chinafi !
Nicole
jeudi 8 janvier 2009
Des masques et des noms

Peintures faciales des femmes Caduveo
Peinture représentant un ours, Canada, Indiens HaidaDans un texte déjà ancien publié pour la première fois en 1944 et intitulé « le dédoublement de la représentation », Claude Lévi-Strauss met en correspondance des bronzes de la Chine archaïque, des peintures corporelles observées sur les visages des femmes Caduveo (société indienne du Brésil central) et divers objets d’art provenant des indiens de la Colombie britannique.
Ces œuvres sont très belles et le seul fait de les contempler nous transporte au pays des rêves et dans un monde fabuleux. Avec elles Lévi-Strauss nous emmène dans le pantanal brésilien, un des plus grand marécage du monde, territoire des Caduveo, il nous invite ensuite à remonter le temps pour contempler les bronzes de la dynastie des Shang comme on peut les voir au musée de Shangaï, puis nous transporte sur les zones côtières de la Colombie Britannique là où les sommets enneigés des montagnes rocheuses se jettent dans la mer en face de l’Ile de Vancouver ou des Iles de la reine Charlotte.
Ces œuvres sont très belles et le seul fait de les contempler nous transporte au pays des rêves et dans un monde fabuleux. Avec elles Lévi-Strauss nous emmène dans le pantanal brésilien, un des plus grand marécage du monde, territoire des Caduveo, il nous invite ensuite à remonter le temps pour contempler les bronzes de la dynastie des Shang comme on peut les voir au musée de Shangaï, puis nous transporte sur les zones côtières de la Colombie Britannique là où les sommets enneigés des montagnes rocheuses se jettent dans la mer en face de l’Ile de Vancouver ou des Iles de la reine Charlotte.
Mais quel est le point commun à ces œuvres ? C’est d’offrir une représentation dédoublée c'est-à-dire des motifs semblables s’opposant en deux moitiés affrontées autour d’un axe médian comme sont dans un rapport symétrique les deux moitiés d’un visage (yeux, oreilles…) ou d’un masque. Le point commun de toutes les sociétés considérées est, en effet, que ce sont des sociétés à masques.
Bien sûr les masques existent dans toutes les cultures et Claude Lévi-Strauss nous rappelle plaisamment que « dans cosmétique, il y a cosmos ; et ce n’est pas un hasard si le mot masque a pu s’introduire dans le vocabulaire des instituts de beauté…en se faisant coiffer, en masquant son visage de crème, de poudre et de colorants divers, en rectifiant, à l’aide du pinceau et du crayon, des traits irréguliers pour leur conférer un style, l’élégante exécute, sans le savoir, sur sa figure – univers en miniature – les gestes du démiurge, organisateur du cosmos, destructeur des monstres, introducteur des arts de la civilisation. »
Toutefois, les masques occupent une place particulière dans les cultures dont Claude Lévi-Strauss nous présente les objets. Leur fonction est très souvent magique. Ainsi dans la Chine ancienne on mettait des masques sur le visage des enfants pour détourner d’eux les maladies. Il est intéressant de noter que ce caractère magique se rencontre dans les noms et encore aujourd’hui on donne parfois aux enfants des noms dépréciateurs (petit cochon, vilain canard…) dans le même objectif.
La fonction des masques dans les sociétés considérées est également d’assurer le passage du surnaturel au social. Le point commun de ces cultures est d’accorder une place importante aux généalogies, aux lignées, à l’ancestralité : les masques représentent l’ancêtre. « Les masques à volets, qui présentent plusieurs aspects de l’ancêtre totémique, tantôt pacifique, tantôt irrité, tantôt humain et tantôt animal, illustrent de façon frappante le lien entre le dédoublement de la représentation et les masques ». Le surnaturel est destiné avant tout à fonder un ordre de castes par la préséance des généalogies. Les peintures corporelles ont pour objet de graver non seulement sur le corps mais dans l’esprit les traditions de l’ethnie.
Claude Lévi-Strauss, à notre connaissance, a rarement parlé de la Chine. Pourtant sa pensée et celle de certains auteurs français comme Michel Foucault, offre parfois des points de convergence très curieux avec la pensée chinoise.
Il raconte que, lorsqu’il était adolescent, ses parents avaient acheté une petite magnanerie dans les Cévennes. De là il s’élançait pour d’excitantes randonnées de nuit à l’assaut du mont Aigoual. Un de ses grands plaisirs, avec ses amis, était de donner comme objectif à ses randonnées le suivi d’une ligne de fracture géologique.
Le petit article que nous vous avons présenté aujourd’hui est un avant propos à une série d’autres où nous vous proposerons une randonnée dont « la ligne de fracture géologique » sera de considérer les points de convergence que l’on peut trouver entre certains courants de la pensée française dont le trait commun est de n’être pas des « philosophie du Sujet » et certains aspects de la pensée chinoise ou orientale, notamment le bouddhisme et le taoïsme.
Nous essayerons de faire en sorte que cette randonnée soit aussi excitante et nous fasse découvrir des choses aussi fabuleuses et mystérieuses qu’une randonnée de nuit dans les forêts et les montagnes de la Sainte Baume.
A suivre,
Françoise
Jingping
Weiyi
Jean-Louis
Bien sûr les masques existent dans toutes les cultures et Claude Lévi-Strauss nous rappelle plaisamment que « dans cosmétique, il y a cosmos ; et ce n’est pas un hasard si le mot masque a pu s’introduire dans le vocabulaire des instituts de beauté…en se faisant coiffer, en masquant son visage de crème, de poudre et de colorants divers, en rectifiant, à l’aide du pinceau et du crayon, des traits irréguliers pour leur conférer un style, l’élégante exécute, sans le savoir, sur sa figure – univers en miniature – les gestes du démiurge, organisateur du cosmos, destructeur des monstres, introducteur des arts de la civilisation. »
Toutefois, les masques occupent une place particulière dans les cultures dont Claude Lévi-Strauss nous présente les objets. Leur fonction est très souvent magique. Ainsi dans la Chine ancienne on mettait des masques sur le visage des enfants pour détourner d’eux les maladies. Il est intéressant de noter que ce caractère magique se rencontre dans les noms et encore aujourd’hui on donne parfois aux enfants des noms dépréciateurs (petit cochon, vilain canard…) dans le même objectif.
La fonction des masques dans les sociétés considérées est également d’assurer le passage du surnaturel au social. Le point commun de ces cultures est d’accorder une place importante aux généalogies, aux lignées, à l’ancestralité : les masques représentent l’ancêtre. « Les masques à volets, qui présentent plusieurs aspects de l’ancêtre totémique, tantôt pacifique, tantôt irrité, tantôt humain et tantôt animal, illustrent de façon frappante le lien entre le dédoublement de la représentation et les masques ». Le surnaturel est destiné avant tout à fonder un ordre de castes par la préséance des généalogies. Les peintures corporelles ont pour objet de graver non seulement sur le corps mais dans l’esprit les traditions de l’ethnie.
Claude Lévi-Strauss, à notre connaissance, a rarement parlé de la Chine. Pourtant sa pensée et celle de certains auteurs français comme Michel Foucault, offre parfois des points de convergence très curieux avec la pensée chinoise.
Il raconte que, lorsqu’il était adolescent, ses parents avaient acheté une petite magnanerie dans les Cévennes. De là il s’élançait pour d’excitantes randonnées de nuit à l’assaut du mont Aigoual. Un de ses grands plaisirs, avec ses amis, était de donner comme objectif à ses randonnées le suivi d’une ligne de fracture géologique.
Le petit article que nous vous avons présenté aujourd’hui est un avant propos à une série d’autres où nous vous proposerons une randonnée dont « la ligne de fracture géologique » sera de considérer les points de convergence que l’on peut trouver entre certains courants de la pensée française dont le trait commun est de n’être pas des « philosophie du Sujet » et certains aspects de la pensée chinoise ou orientale, notamment le bouddhisme et le taoïsme.
Nous essayerons de faire en sorte que cette randonnée soit aussi excitante et nous fasse découvrir des choses aussi fabuleuses et mystérieuses qu’une randonnée de nuit dans les forêts et les montagnes de la Sainte Baume.
A suivre,
Françoise
Jingping
Weiyi
Jean-Louis
Neige aux Camoins par Françoise
Xue
« Le lendemain matin, dés le lever du jour, le frérot Jade qui, toute la nuit, obsédé par la pensée de la petite fête, n’avait pu dormir d’un sommeil vraiment calme, se souleva sur sa couche, écarta les courtines, et jeta un premier coup d’œil sur la porte et les croisées de son alcôve.
Bien que ces dernières fussent encore entièrement voilées, il les vit pénétrées d’une clarté qui attirait le regard. Un soupçon lui vint aussitôt ; il se dit, avec rancœur, que le temps devait réellement s’être éclairci, et que c’était sûrement la lumière du soleil qui commençait à poindre. Il se leva précipitamment, couru dévoiler une de ses croisées, et, d’un regard au-dehors, à travers le carreau de vitre central, découvrit que ce n’était nullement l’éclat du soleil mais de la neige qui, au cours de la nuit, s’était amassée au point de former sur le sol une couche d’un pied d’épaisseur.
Des hauteurs du ciel, continuaient de s’éparpiller dans l’air des flocons qu’on eût dit d’ouate ou de bourre de soie. Particulièrement pris de joie … »
Extrait du Récit XLIX du Rêve dans le Pavillon Rouge.
On ne peut tout citer, mais s’en suit de magnifiques descriptions des vêtements de neige.
Jade Magique sort de son enclos « Il embrassa du regard les quatre directions de l’espace. Partout s’étendait la même blancheur sur laquelle ne tranchaient, au loin, que le vert sombre des pins et le bleu céruléen des bambous. » Sur son chemin il croise la jeune prieure Jade mystique dont le rouge à lèvres brille du même incarnat que les fleurs des pruniers des frimas et offre un contraste saisissant avec la neige.
Il s’empresse de rejoindre les jeunes demoiselles qui ont décidé de faire des grillades c'est-à-dire, comble de l’horreur pour un chinois, de manger de la viande presque crue.
La veuve Li de commenter « …pour ma part je ne crois pas qu’on puisse manger de la chair crue », « Quelle saleté ! » renchérit la petite sœur Cithare.
Cela me rappelle une anecdote. Je mangeais un soir, au restaurant, avec une amie chinoise. J’avais pris une anchoïade. J’invite mon amie, habituellement très curieuse des coutumes européennes à goûter les légumes crus. « Mais je ne suis pas un lapin ! » me dit-elle en riant.
Le premier tome des Mythologiques de Claude Lévi-Strauss s’intitule « Le cru et le cuit ». L’auteur y montre que, pour les amérindiens, le passage de la nourriture crue à la nourriture cuite est le signe, par excellence, du passage de la nature à la culture et de l’accès à la condition d’homme. J’ai trouvé le rapprochement amusant.
Les photos illustrant cet article ont été prises le 7 janvier sur l’esplanade de Saint Victor. Il y régnait la même excitation qu’éprouve Jade Magique. Au travail, on nous avait demandé de rentrer chez nous et pour un temps nous avons retrouvé notre âme d’enfant.
Chers amis chinafiens vous avez certainement pris des photos de cette journée mémorable. Et si nous les échangions sur le blog…
Jean-Louis
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