lundi 3 septembre 2012

Jean-Jacques Rousseau et l’écriture simplifiée des partitions musicales chinoises



Quiconque s’intéresse à la musique chinoise et désire jouer des morceaux chinois se trouve confronté à l’écriture de la musique en Chine.

On trouve en Chine deux types de partitions : les partitions  五线谱 (partitions 5 lignes) et les partitions  简谱 (partitions simplifiées).

Les partitions 5 lignes qui comportent la portée à 5 lignes, des dièses, des bémols etc. sont celles qui sont utilisées en France par tous, et en Chine uniquement par les musiciens professionnels et dans les conservatoires.

Les partitions simplifiées comprennent des caractères d’imprimerie usuels et ne sont pas utilisées de nos jours en France mais sont massivement répandue en Chine. Par exemple tous les manuels d’apprentissage de la flûte « hulusi » utilisent cette notation simplifiée. L'image ci dessus est la partition simplifiée d'un air très connu de hulusi.

Ce n’est que très récemment que j’ai appris par une musicienne chinoise, que cette notation était d’origine française et avait été inventée par Jean-Jacques Rousseau lui-même.
J’en ai eu la confirmation cet été en visitant l’exposition consacrée à J.J. Rousseau au château de Chenonceau où il est effectivement fait mention de cette méthode (voir diaporama ci dessous).
Présentée à l’académie des sciences en 1742, cette méthode fut refusée mais pas oubliée car, selon un panneau de l’exposition, ses ramifications mondiales continuent à être mises à jour.



A noter que la partitions simplifiées chinoises n'utilisent pas l'écriture en boustrophédon évoquée dans l'exposition.

Olivier

4 commentaires:

Nicole a dit…

Super interessant cet article sur les partitions simplifiées.
En définitive leur écriture en boustrophédon est elle répandue ou est elle restée théorique ?

Jean-Louis a dit…

Article très intéressant, en effet, et découverte surprenante.
Jean-Jacques Rousseau avait décidemment bien des talents.
Je savais que les ethnologues le reconnaissent comme un des fondateurs de leur science mais j'ignorai qu'il avait également des compétences musicales.
Comme nous en avons discuté, cher Olivier, il serait intéressant de savoir par quel canal l'invention de Jean-Jacques Rousseau s'est répandu en Chine.
Jean-Louis

le blog de chinafi a dit…

L’article d’Olivier a éveillé ma curiosité sur les rapports de Rousseau et de la musique. En consultant divers sites internet, j’ai appris que Rousseau avait été musicien avant d’être écrivain. Il est l’auteur de nombreuses œuvres musicales, notamment du Devin du village.

Mais je n’ai trouvé nulle part la réponse à la question : comment ce système de notation fut introduit en Chine ? J’ai donc posé la question sur le blog JJ Rousseau ouvert à l’occasion du tricentenaire de sa naissance. Si j’ai une réponse, je vous la communiquerai.

Toutefois, je me demande si ce système, comme beaucoup d’inventions, n’a pas été mis au point indépendamment dans différents endroits du monde.
Jean-Louis

Jean-Louis a dit…

J'ai finalement trouvé un début de réponse à la question : "comment l'invention de JJ Rousseau fut-elle introduite en Chine ?" dans un article de François Picard paru dans les cahier d'etnomusicologie.

D'après cet article la notation Rousseau-Chevé fut introduite en Chine par les Japonais au début du XX° siècle

"Quant aux successeurs de Rousseau, ce sont les pédagogues Pierre Galin (1786-1821) et Aimé Paris et Emile Chevé (1804-1864). Au début du xxe siècle, les Japonais l’introduisent en Chine où elle prend le nom de « notation simplifiée » (jianpu) et s’impose rapidement, se substituant trait pour trait aux anciennes notations de type gongche".

Si vous voulez plus de précisions et savoir notamment ce qu'est la notation gongche, je vous invite à consulter le site :

http://ethnomusicologie.revues.org/674#tocto1n3

Par curiosité, j'aimerais écouter l'air "une feuille de saule" dont il est question dans cet article.

Jean-Louis