dimanche 20 octobre 2013
La Sainte Baume 2013
Samedi, la météo n’était pas optimiste. Dans la nuit je crois entendre la pluie et des rafales de vent. Je suis saisi par le stress des organisateurs. J’ouvre les volets. La lune roule entre de gros nuages noirs. A 8 heures, je téléphone à Nicole. Il n’y a eu aucun désistement. Nous décidons de maintenir la sortie.
J’arrive le premier au parking du métro La Rose en pleins travaux pour accueillir les « grands autobus ».
Petit à petit les participants arrivent. Pratiquement tout le monde a répondu présent malgré les menaces de mauvais temps. Avec nos amis partis de Dromel nous formons un joli groupe de 31 personnes. Aujourd’hui nous partons visiter la Sainte Baume avec sa forêt et la grotte de Sainte Marie Madeleine. Marie de Magdala, Marie de Béthanie, Marie-Madeleine dont les différents noms s’égrènent comme les vers d’un poème. Une des plus belles histoires que nous raconte la tradition chrétienne. Ancienne prostituée elle est devenue une des disciples les plus proches du Christ.
Nous voici au parking de l’hostellerie. Nicole nous rassemble en faisant sonner ses cymbales. Un épais manteau de nuages recouvre la montagne jusqu’à mi-hauteur. Nous décidons d’aller au moins jusqu’à la grotte. Nos amis nous distribuent de jolis petits cadeaux.
Mahmoud nous donne de précieuses informations sur la forêt qui contient des essences que l’on rencontre exceptionnellement en Provence : comme le hêtre, l’if et l’érable. Deux facteurs expliquent ce caractère :
- Nichée sur le flanc nord de la chaîne montagneuse calcaire et blottie au pied d’une falaise abrupte d’une centaine de mètres, la forêt domaniale bénéficie de conditions écologiques exceptionnelles. Ombre et fraîcheur. Précipitations atteignant presque le double (1000mm/an) de celles enregistrées à Marseille.
- La forêt est sur le lieu de passage d’un des plus importants pèlerinages de la Chrétienté. De nombreux rois, plusieurs papes, des milliers de pèlerins ont accordé leur protection à cette forêt.
Nous rencontrons un poirier aux fruits minuscules. Quelques audacieux veulent en croquer. Attention à l’acidité et au mal de ventre. Nous voici maintenant dans la forêt. On a beau y être venu plusieurs fois on est toujours émerveillés par les hautes futaies particulièrement belles en cette saison. Cui Dian s’assoit sur le fauteuil du roi, tandis que Nicole lui fait une couronne de ses mains. Chemin faisant nous apprenons à mieux connaître nos nouveaux camarades. C’est, en effet, la première sortie avec la nouvelle promotion. Nous arrivons bientôt à la source de Nans. Séance photos. Michel joue des airs de bourrée à l’harmonica. J’échange mes impressions avec Béatrice. Il nous semble que la montée est plus rude que les années précédentes. Est-ce le poids des ans ou sommes-nous un peu « rouillés » par le manque d’exercice ?
Nous arrivons bientôt sur l’esplanade de la grotte où nous pouvons contempler une descente de la croix, œuvre du sculpteur Marthe Spitzer. Nous pénétrons dans la grotte. Voici le rocher où selon la tradition dormait Marie-Madeleine, voici son reliquaire. Un peu en contrebas la source de Saint Sidoine dont l’eau pure est censée guérir de la cécité. Les beaux vitraux du compagnon Pierre Petit.
En sortant la pluie commence à tomber ce qui nous pousse à trouver refuge dans l’abri du pèlerin que nous allons partager avec un groupe de Japonais rencontré en chemin. Certes, nous sommes un peu serrés. Mais quelle ambiance ! Nous nous installons sur la table restante ou à même le sol sur des couvertures ou des sacs poubelles. Un peu rustique. Pourtant le roi n’est pas mon cousin. Les bouchons des bouteilles amenées par Francis, Michel et Philippe sautent à qui mieux-mieux. Nous partageons nos provisions. C’est un vrai festin de roi. Voici l’heure du café arménien et de l’alcool du même pays. Je ne sais pas ce qu’il y a dans cet alcool, mais il y en a ! Un alcool d’homme qui m’a donné le hoquet pendant 10 minutes. Nicole va demander aux Pères dominicains l’autorisation de chanter qui lui est gentiment accordée. Jamais les murs du petit refuge n’ont entendu un si beau concert. Anne prend les photos. Un grand merci à elle.
Mais les meilleures choses ont une fin. Nous pointons le nez dehors. La pluie a été remplacée par un épais brouillard. Que c’est romantique ! Sur les marches qui mènent à la grotte nous faisons la photo de groupe.
Nous descendons doucement. Mais le chemin est très glissant et je m’affale. Mahmoud nous donne encore des explications. Il nous montre le lierre qui contrairement à une idée répandue n’est pas un parasite. S’il grimpe aux arbres c’est pour aller vers la lumière. Voici du houx qui déjà porte des boules rouges. Il est vrai que nous ne sommes pas si loin de Noël. Plus loin une souche d’arbre est couverte de champignons. En bas de la descente, Michel me fait remarquer une belle allée voilée par la brume et bordée d’arbres centenaires que l’on croirait sortie d’un roman de Nerval pour nous conduire vers des fêtes étranges.
Il est encore tôt et nous décidons d’aller boire un café à l’hostellerie. Nous nous installons prés de la cheminée où se consument quelques bûches. Nos nouveaux amis semblent ravis de la journée et nous aussi. Nous voilà partis pour une année de rencontres et de chants.
Un grand merci à Nicole pour nous avoir été notre guide. Un grand merci à Mahmoud pour ses explications. Un grand merci à tous pour votre bonne humeur qui ensoleilla cette journée malgré la brume et les nuages.
Je voudrais terminer ce compte rendu par une jolie histoire qui montre la fraîcheur et la vivacité des sentiments d’un enfant et l'importance du lien familial en Chine. C'est le récit d'une adoption. Au cours de cette randonnée la petite Aïda a trouvé une "grande sœur" en la personne de Mengjie. Pendant la descente, elles ne se quittaient plus se tenant par la main. Alors bien sûr la séparation fut un peu difficile. Retrouve le sourire Aïda. Tu reverras bientôt Mengjie. C’est promis !
Jean-Louis
lundi 14 octobre 2013
une conférencière avertie,
Le jardin permet l'évasion, la sérénité, il est omniprésent .
C'est un paradis, symbole de l'immortalité.
Le jardin permet l'évasion, la sérénité, il est omniprésent .
C'est un paradis, symbole de l'immortalité.
Comment fabrique t'on un jardin ?
Il faut creuser une pièce d'eau, avec la terre récupérée on crée des îles montagnes;
l'eau représente le sang de l'être cosmique, quant aux montagnes elles représentent le squelette de ce même être cosmique. Il existe au Japon des jardins secs avec du gravier blanc qui représente l'eau.
Autre élément essentiel : les rochers (+ travaillés en Chine) qui transportent l'énergie vitale (force tellurique)
Les rochers sont des êtres vivants, des catalyseurs d'énergie.
Remarquons qu'on trouvera toujours une cabane à thé dans le jardin japonais.
Les arbres sont symboles d'immortalité.
L'homme est toujours relativisé dans les jardins.
lundi 7 octobre 2013
Les Jardins de sagesse en Chine et au Japon
Jardin japonais à Kyoto
5, rue Vincent Courdouan 13006 Marseille
à hauteur du 132 rue Paradis, métro Estrangin
parking : impasse Montevidéo, 129 rue Breteuil
04 91 50 00 00 www.leclere-mdv.com Entrée libre
Jardin chinois à .....?
conférence de
Yolaine Escande
présentation et signature de son ouvrage paru aux éditions du Seuil
LUNDI 14 OCTOBRE 2013 à 18h
Espaces de recueillement, de culture de soi autant que d’ouverture au monde, les jardins chinois et japonais
sont par excellence le lieu de la sagesse. De même que la sagesse est décrite comme un cheminement, le jardin, en un parcours à la fois physique, sensoriel et spirituel, guide l’homme vers un état de disponibilité intérieure et de non-attachement. Comme le montre l’iconographie inédite de ce livre, tous les éléments de l’esthétique des jardins chinois et japonais intègrent l’homme au sein du tout et le conduisent sur le chemin de la sagesse.
Yolaine Escande est sinologue, directrice de recherche au CNRS et présidente de la Société internationale de philosophie chinoise.
Présentation Jean-Noël Bret
Proposition AEPHAE association euroméditerranéenne
pour l’histoire de l’art et l’esthétique acc.marseille@free.fr
LECLERE
Maison de vente aux enchères5, rue Vincent Courdouan 13006 Marseille
à hauteur du 132 rue Paradis, métro Estrangin
parking : impasse Montevidéo, 129 rue Breteuil
04 91 50 00 00 www.leclere-mdv.com Entrée libre
samedi 5 octobre 2013
Si proche et si distante...
Joël Bellassen donnait hier soir, dans l’auditorium de la bibliothèque de l’Alcazar, une conférence présentant la langue et l’écriture chinoises : "Le chinois tel qu'il est, le chinois tel qu'il va".
Ce fut une conférence véritablement passionnante, par son sujet bien sûr et surtout par le talent du conférencier qui a su nous rendre proche la langue chinoise tout en en respectant la distance.
Rendre compte de cette conférence est donc un exercice difficile et qui serait vite présomptueux. Aussi, nous avons décidé (Françoise et Jean-louis) de le faire en commun en évoquant quelques points choisis subjectivement.
Pour ma part (Françoise), j'ai retenu cette 1ère diapositive nous montrant un Chinois traçant dans la rue des caractères avec un pinceau trempé dans l'eau, c'est une scène qui n'est pas rare en Chine et que l'on appelle une "calligraphie serpillère", il me semble que l'on a là une image très parlante : la calligraphie comme art à part entière mais aussi comme art de rue, le travail de l'énergie comme la pratique du Taijiquan, de la danse, du chant... dans les parcs et j'ajouterai la dimension d'impermanence de la réalisation.
barque = 舟 (zhou,1)
Voici maintenant une peinture nous donnant à voir la dimension esthétique d'un caractère chinois (désolée, je n'ai pas noté le nom du peintre)
Jean-Louis :
Cette conférence m’a touché car
elle rejoignait mes principaux centres d’intérêt : l’ethnologie, les
voyages, l’Histoire. Le vocabulaire employé par Joël Bellassen à propos de la
langue chinoise est le même que celui employé par l’ethnologue, le voyageur, l’historien :
dépaysement, distance. Pourquoi apprendre le chinois ? pourquoi
voyager ? pourquoi s’intéresser à l’ethnologie, à l’Histoire ? Pour apprendre des choses nouvelles,
découvrir de nouvelles cultures, de nouvelles civilisations et au bout du compte
pour mieux comprendre sa propre culture, pour mieux se comprendre. C’est ce que
disait Fernand Braudel : « Face à l’actuel, le passé, lui aussi est
dépaysement…La surprise, le dépaysement, l’éloignement – ces grands moyens de
connaissance – ne sont pas moins nécessaires pour comprendre ce qui vous
entoure…une semaine à Londres pour un Français ne lui fera peut-être pas mieux
comprendre l’Angleterre, mais il ne verra plus la France de la même
manière » (Ecrits sur l’histoire).
Alors que devient le dépaysement,
la distance dans une période de mondialisation ? Joël Bellassen a laissé cette question ouverte...Il
faudra qu’il revienne ! Il est intéressant de noter que Claude
Lévi-Strauss s’est posé la même question notamment dans la conférence Race et culture.
La langue et l’écriture chinoises
offrent donc un dépaysement linguistique. Selon l’expression du conférencier, le
chinois est une langue distante. En quoi consiste ce dépaysement, cette
distance ? L’écriture chinoise est une écriture non alphabétique et non
phonétique. Un caractère chinois ne renvoie pas à un phonème mais à une unité
de sens. Joël Bellassen a précisé, et cela m’a paru particulièrement
intéressant, que le sens d’un caractère est le plus souvent flou. Plutôt qu’un
sens précis un caractère évoque une idée. Il demande à être précisé par un
contexte. Ainsi le caractère 日
évoque l’idée du soleil. Il peut signifier
« soleil » mais aussi, selon le contexte, il peut signifier
« jour ». Le caractère 月 peut
signifier « lune », mais
aussi « mois ».
Autre élément de dépaysement :
l’écriture chinoise est selon l’expression de Léon Vandermeersch une écriture
graphique que l’on peut rapprocher de la peinture. Pour illustrer cette
caractéristique Joël Bellassen nous a montré le caractère évoquant l’idée de
« barque » avec au dessous un beau tableau de facture impressionniste
où le caractère était devenu une barque. L’écriture chinoise revêt parfois un
caractère magique. Ainsi le caractère 福 peut
non seulement évoquer l’idée du bonheur mais peut constituer un talisman
apportant le bonheur. La langue chinoise ne se contente pas de nommer les
choses, dans une certaine mesure elle les fait exister.
L’écriture chinoise possède une
proximité avec la peinture. De la même manière on peut dire que la
langue chinoise possède une proximité avec la
musique. En effet, la langue chinoise est une langue tonale. Et certainement
une des plus grandes difficultés pour les apprenants du chinois c’est de
prononcer un caractère avec le bon ton surtout s’ils n’ont pas l’oreille
musicale. En réponse à une question d’Olivier, Joël Bellassen nous a raconté
une anecdote. Il enseignait le chinois dans le secondaire. Pendant son cours,
il voit une jeune fille regarder à travers la fenêtre. Loin d’être inattentive
cette élève écoutait la musique du
chinois comme elle écoutait la musique d’un violoncelle dont elle savait jouer.
Une autre particularité de la
langue chinoise c’est qu’elle est, dans une certaine mesure une langue sans
sujet. J’aurais bien voulu voir développer ce point surprenant au premier
abord. Joël Bellassen a souligné que la pensée était structurée par la langue. Cette
absence du sujet dans la langue a-t-elle freiné l’émergence du couple
sujet/objet sur lequel repose la démarche analytique ? Voir Anne Cheng Histoire de la pensée chinoise. De la
même manière la peinture lettrée chinoise suppose une fusion du peintre et de
son modèle (Voir Su Shi : le peintre doit intérioriser les bambous et les
paysages avant de les peindre). Elle n’a pas souhaité constituer le peintre en
sujet séparé de son modèle, comme l'ont fait, le plus souvent les artistes occidentaux.
Françoise :
Voici maintenant l'illustration de la dimension "magique" du caractère : ici, le caractère du bonheur que l'on offre et affiche pour que ce souhait de bonheur se réalise.
C'est l'écriture la plus transparente au niveau du sens, où l'étymologie apparait le plus clairement, d'où l'importance d'un apprentissage raisonné des caractères en fonction de leur fréquence et de leur potentiel combinatoire. Trouverez-vous le mot "psychologie"?
Quelques médiateurs chinois, à partir du règne de Louis XIV pour le premier.
Ce que nous pouvons dire pour terminer ce long et néanmoins très partiel compte rendu, c'est que nous sommes vraiment désolés que de nombreuses personnes n'aient pas pu rentrer faute de places : le lieu avait été proposé par la Bibliothèque
de Marseille dans le cadre du jumelage Marseille / Shanghaï et il est vrai qu'un tel succès était difficile à prévoir.
M. Bellassen, il faudra que vous
reveniez pour développer ces points ou d’autres, nous aurons une plus grande salle ! Encore un grand merci à vous. Nous attendons
avec impatience votre prochaine conférence.
lundi 30 septembre 2013
Le chinois tel qu'il est, tel qu'il va : conférence
L’association Chinafi vous invite à une conférence donnée par Joël Bellassen
" Le chinois tel qu'il est, tel qu'il va "
Auditorium de la Bibliothèque de l’Alcazar (BMVR)
58 cours Belsunce 13001 Marseille
Vendredi 4 octobre 2013 à 17 h.30
(ouverte à tous et gratuite)
Cette conférence présentera :
- la langue et l’écriture chinoises telles qu’elles sont : le dépaysement qu’elles constituent au sein du paysage linguistique général, comment se présente concrètement une écriture non alphabétique, quelles en sont les incidences, les dimensions autres que linguistiques (culturelle, formatrice,etc.)
- la langue chinoise telle qu’elle va : le chinois est la langue qui connaît la plus forte progression dans l’enseignement secondaire et supérieur en France et s’affirme comme la langue émergente du XXIème siècle. Quelles sont les causes de ce changement au sein du paysage linguistique mondial? Peut-on parler de langue internationale ? Tout a-t-il été fait pour optimiser l’apprentissage du chinois?
samedi 28 septembre 2013
Musique chinoise
Corinne commence sa conférence en faisant vibrer un bol cérémoniel. Elle est accompagnée d’Olivier qui fait résonner un poisson chinois en bois. Merveilleuse introduction pour nous dire que la musique chinoise est avant tout vibration, résonance. Les mots sont complétés par la musique et par la vue de ces beaux instruments. Les notions évoquées ne sont pas accessibles seulement par l’esprit. Elles s’adressent à tous les organes de notre corps. Elles peuvent être ressenties, elles peuvent être vécues autant qu’elles peuvent être comprises.
Vibration, résonance. Quelle est l’origine de ces notions ? Quelle est l’origine de la musique ? Corinne nous raconte le mythe selon lequel le monde était à l’origine un œuf qui s’est un jour cassé et séparé en plusieurs éléments entrainant la nostalgie de l’unité première. Cette nostalgie se retrouve certainement dans toutes les cultures mais elle est particulièrement forte dans la culture chinoise. La civilisation chinoise va s’efforcer de retrouver cette unité première en mettant en résonance, en correspondance les différents éléments du monde, de la pensée et des arts. Vibration, résonance, harmonie ces notions, à la base de la pensée chinoise, sont musicales. La musique aura donc un rôle central dans la recherche de cette unité.
La conférencière nous montre la photo de l’un des plus vieux instruments de musique chinois retrouvé par les archéologues. Il s’agit d’un xun vieux de 7000 ans. Corinne nous explique la belle étymologie du caractère xun : la clef de la terre, une bouche qui surmonte un coquillage. De fait ces instruments sont façonnés en argile et leur son évoque parfois le bruit de la mer comme les coquillages. Olivier joue un air très ancien au xun qui évoque la séparation de deux personnes. Car la nostalgie de l’unité originelle trouve aussi son expression dans la séparation des êtres qui s’aiment. La plupart des poèmes ou des chansons chinoises que je connais évoquent ce thème. Olivier nous rappelle que nous avons vécu, il y a quelques jours, cette séparation en disant « au revoir » à nos amis qui rentraient en Chine.
Corinne projette ensuite de belles diapositives montrant les instruments chinois à différentes époques. Les carillons de pierre retrouvés dans la tombe du Marquis Yi (433 av. JC), une fresque représentant les 100 divertissements musiques et danse (dynastie des Han), un orchestre de femmes de la dynastie Tang où l’on retrouve les instruments que nous connaissons : xiao, pipa …Ces séquences sont merveilleusement illustrées musicalement par Olivier.
Parmi les photos qui m’ont le plus marqué, je voudrais citer ce musicien jouant du xin. L’artiste n’a pas sculpté les cordes du xin. Cette petite statue m’a rappelé certains tableaux chinois évoquant la musique où les instruments ne sont pas représentés. La musique se lit dans l’expression des visages. C’est dire que la musique ne s’adresse pas seulement à l’oreille mais au corps entier. Elle ne s’écoute pas seulement elle se vit dans l’auditeur. C’est déjà ce que disait Zhuangzi : « la musique ne s’écoute pas par l’oreille mais par l’esprit. Elle ne s’écoute pas par l’esprit mais par le souffle ».
Une autre photo qui explique beaucoup. Il s’agit d’un diapason. A chaque début de règne le diapason qui, si j’ose dire allait donner le « la » aux musiques de l’époque, était réglé sur la voix de l’empereur. L’empereur était garant de l’harmonie de son empire.
Corinne nous montre ensuite comment la musique chinoise est en résonance avec la poésie, la calligraphie, la peinture, la nature.
Vibration dans une calligraphie de Fabienne Verdier répétant le vers de Bashô « le son des cloches du monastère éveille en mon cœur des résonances ».
Correspondance de la musique et de la peinture. Zhang Bing accordait son instrument au son d’une cascade avant de rentrer chez lui pour la peindre. Les peintres chinois, comme les peintres japonais ne peignent pas, en principe, sur le motif. La peinture est précédée d’une période de concentration où le sujet est intériorisé avant d’être projeté sur le support (voir article sur Sengaï.). Corinne projette ensuite de beaux tableaux de Shitao accompagnés de calligraphies de l’artiste. Celle-ci par exemple : « accéder au chant par le silence » qui nous rappelle que tout vient du Vide.
Corinne termine en indiquant que, s’il est difficile de reconstituer la musique des temps antiques, on peut constater la pérennité des instruments. Pérennité que l’on retrouve dans la langue et l’écriture chinoises. Elle souligne enfin que la musique chinoise n’est pas seulement la musique savante. C’est aussi la musique populaire, la musique des campagnes et des minorités que sait si bien jouer Olivier sur son hulusi dont la forme évoque peut-être celle de l'oeuf primordial.
La conférence est suivie d'une dégustation de thé et de gâteaux qui permet de continuer les échanges. Merci à ceux qui l'ont organisée.
Nous avons vécu, cet après-midi, un grand moment de bonheur. Merci à Corinne. Merci à Olivier. C’était un plaisir de voir leur complicité ou, pour utiliser le vocabulaire chinois, de ressentir, dans la résonance des mots et de la musique, l’harmonie qui régnait entre eux.
Jean-Louis
mercredi 25 septembre 2013
La rentrée
Nous avions le plaisir, ce mardi, d’accueillir les nouveaux choristes. Evelyne, mais aussi de nombreux amis chinois arrivés depuis peu en France. Je n’ai pas compté, mais je pense que nous étions plus de 30.
Nous avions également la joie d’accueillir quelques visiteurs venus nous entendre chanter : Danielle, Chantal et Olivier.
Bienvenue aux nouveaux. Nous espérons passer avec vous une année pleine de chansons, de rires et de découvertes des paysages de la Provence.
Je voudrais également remercier les « anciens » qui ont eu la gentillesse de nous présenter leurs nouveaux camarades. C’est grâce à ce « passage de témoins » que la chorale continue à vivre. J’en profite pour souhaiter, à nouveau, à ceux qui vont rentrer en Chine bon retour et bonne chance pour leur nouvelle vie. Grâce aux témoignages des anciens choristes nous savons qu’il existe maintenant un pont de chansons et d’amitié entre la France et la Chine. Je ne doute pas que, comme le Bouvier et la Tisserande de la légende, un jour nous ne puissions le franchir pour nous retrouver.
Jean-Louis
lundi 23 septembre 2013
Bon voyage
C’était hier. Nous avons dit : « au revoir » à quatre de nos plus fidèles choristes et amis : Alice, Ludivine, Emilie et Zhao qui vont rentrer en Chine dans les jours qui viennent.
Notre chorale vit un peu les rythmes et les émotions du temps scolaire. Je me souviens, lorsque j’étais écolier, j’appréhendais la rentrée des classes, les nouveaux camarades, les nouveaux profs. Par contre, je vivais toujours la fin des classes avec un peu de nostalgie et de tristesse : la séparation d’avec mes camarades et mêmes d’avec les professeurs qui finalement n’étaient pas si terribles et nous avaient beaucoup apporté. Hier, c’était la « sortie des classes » pour nos quatre amis. Beaucoup d’émotion donc surtout au moment de la remise des cadeaux ou lorsque le piano égrenait les notes de 长亭送别.
Nos amis ont beaucoup voyagé pendant cette année. Ils ont beaucoup appris et selon leur expression beaucoup « grandis ». Ils nous confiaient, hier, voir maintenant toutes les choses comme un voyage. Cette année ils ont voyagé à travers toute l’Europe. Ils vont maintenant aborder la vie professionnelle comme un nouveau voyage, comme une nouvelle aventure.
Et puis, cette année ce fut aussi un voyage en chansons qu’ils n’oublieront pas, que nous n’oublierons pas. Certaines sont même aller à Saint-Malo pour voir les feux que nous avons si souvent doublés avec le Santiano.
Bon voyage donc. Nous nous sommes promis de nous revoir et nous nous reverrons.
Jean-Louis
Notre chorale vit un peu les rythmes et les émotions du temps scolaire. Je me souviens, lorsque j’étais écolier, j’appréhendais la rentrée des classes, les nouveaux camarades, les nouveaux profs. Par contre, je vivais toujours la fin des classes avec un peu de nostalgie et de tristesse : la séparation d’avec mes camarades et mêmes d’avec les professeurs qui finalement n’étaient pas si terribles et nous avaient beaucoup apporté. Hier, c’était la « sortie des classes » pour nos quatre amis. Beaucoup d’émotion donc surtout au moment de la remise des cadeaux ou lorsque le piano égrenait les notes de 长亭送别.
Nos amis ont beaucoup voyagé pendant cette année. Ils ont beaucoup appris et selon leur expression beaucoup « grandis ». Ils nous confiaient, hier, voir maintenant toutes les choses comme un voyage. Cette année ils ont voyagé à travers toute l’Europe. Ils vont maintenant aborder la vie professionnelle comme un nouveau voyage, comme une nouvelle aventure.
Et puis, cette année ce fut aussi un voyage en chansons qu’ils n’oublieront pas, que nous n’oublierons pas. Certaines sont même aller à Saint-Malo pour voir les feux que nous avons si souvent doublés avec le Santiano.
Bon voyage donc. Nous nous sommes promis de nous revoir et nous nous reverrons.
Jean-Louis
dimanche 22 septembre 2013
jeudi 19 septembre 2013
Bonne fête de la lune
La lune se lève, ce soir, dans le ciel de Provence. Avez vous aperçu Chang'e ?
Aujourd'hui (2013.09.19) est la fête de la Mi-Automne!
Bonne fête de la Mi-Automne!
Le 15e jour de la 8e lune est une fête traditionnelle chinoise dite la fête de la Mi-Automne ou fête de la lune(zhongqiujie). La lune, cette nuit-là, est particulièrement brillante, plus ronde et plus belle que le reste de l'année. Les Chinois considèrent la pleine lune comme symbole de la réunion familiale, et c'est pour cette raison, le 15e jour de la 8e lune est aussi appelé "Fête de la Réunion".
Pour cette Fête de la Mi-Automne, on raconte diverses légendes au sujet de la lune, parmi lesquelles, l'histoire de Chang'e est la plus connue : Il y a très longtemps, la Terre était entourée de dix soleils, chacun illuminant à son tour la Terre. Mais un jour, les dix soleils sont apparus en même temps, bouillant les mers, desséchant les terres et la végétation. Les gens périssaient. Ce chaos fut sauvé par un courageux et habile archer nommé Hou Yin. A l'aide de son arc, il décrocha les neuf soleils, n'en laissant qu'un dans le ciel. Après cet exploit, Hou Yi devint roi. Il commença à boire et à se comporter comme un tyran. Un jour, Hou Yi vola l'élixir de longue vie de la Reine-Mère céleste, espérant ainsi devenir immortel et régner éternellement. Mais sa belle épouse Chang'e but elle-même l'élixir afin de sauver le peuple des lois tyranniques de son mari. Une fois la fiole vidée, Chang'e sentit son corps flotté et s'envola jusqu'à la lune. Hou Yin aimait tant sa femme qu'il ne décocha pas la lune.
La légende disait que la nuit de la Fête de la Mi-Automne, si on observait attentivement la lune, on pouvait apercevoir Chang'e dans son palais. A la nuit de la Fête de la Mi-Automne, chaque famille dressait une table couverte de fruits, de cacahuètes assaisonnées de poudre de cannelle, de taro... Au milieu de la table, il y avait encore une pyramide de Yuebing(gâteau de lune) ou un grand divisé en plusieurs parts, une pour chaque membre de la famille. Dans l'encensoir, on plantait un brin de soja représentant le laurier dans la lune. Quand tout était prêt, chaque membre de la famille s'inclinait face à la lune, afin de rendre hommage à Chang'e restée au palais lunaire. On disait aussi que comme Chang'e était une femme et qu'elle appartenait comme la lune au Yin (féminin), la cérémonie ne devait être célébrée que par les femmes.
Après la cérémonie, tout le monde s'asseyait autour de la table et se partageait les offrandes en bavardant. Puis les vieillards se mettaient à raconter des histoires sur la lune que les enfants, émerveillés, écoutaient attentivement.
Le plus important, manger des gâteaux de lune! hahaha~
Vous me manquez!
Cordialement
SUN Ge
Inscription à :
Articles (Atom)








