samedi 29 janvier 2011

Musique chinoise, le concert



Un superbe concert qui nous a permis de découvrir la diversité de la musique chinoise.

Avec l’erhu nous avons pu apprécier la musique classique. Avec le dizi et le hulusi nous avons retrouvé les airs des minorités du Yunnan. La récitation de l’un des poèmes du livre des Odes soulignée par les divers instruments nous a rappelé combien, en Chine, les arts sont mêlés. Olivier me disait, avec raison, l’actualité de ces poèmes qui décrivent les joies et les souffrances de l’amour et qui ont été composés environ huit siècles avant Jésus Christ. Les passions des hommes sont restées les mêmes au fil des siècles. Enfin, deux pièces pour piano et erhu nous ont permis d’entendre la musique chinoise contemporaine. J’ai été surpris de constater la richesse des sonorités que l’on pouvait tirer de l’erhu qui paraissait, à mes yeux de béotien, un instrument plutôt rudimentaire.

A la fin du concert les musiciens sont venus converser avec les auditeurs. Cela démontre l’esprit d’échange de la sympathique association Yin (résonnance) dont vous trouverez les coordonnées ci-dessus. J’aime beaucoup la petite phrase « Dans la haute montagne, la source » qui dit tant de choses.

On souhaiterait que de pareils moments soient plus nombreux. Finalement, il se passe pas mal de choses à Marseille. Le tout c’est d’être informés.
Merci à tous les musiciens. Merci aussi à la Cité de la musique qui les a accueillis. Ce spectacle m’a permis de découvrir son bel auditorium et sa très riche brochure que vous pouvez télécharger sur le site www.citemusique-marseille.com.
Jean-Louis

vendredi 28 janvier 2011

Musique chinoise, la conférence



De tous les arts, la musique est certainement le plus mystérieux, j’allais dire le plus magique. C’est peut-être celui qui nous permet le mieux de comprendre les notions chinoises d’indistinction, d’indifférenciation, d’inachèvement, de résonnance.

Un texte littéraire, une peinture nous séduit par la scène décrite, par l’objet représenté. Pourtant même dans ces arts, l’esthétique chinoise préconise d’aller au-delà de la parole, au-delà de la représentation pour atteindre, selon la belle expression de Jacques Dars : « une résonnance d’au-delà les cordes ». Ainsi en poésie, les jue-ju ou vers interrompus « dont l’idée se propage à l’infini quand la parole s’arrête ». Ainsi en peinture, lorsque Guo Ruoxu (XI° siècle) prône l’inachevé car le « flou, l’inexpliqué …sont autant d’appels à l’imagination du spectateur, autant de possibilité de mouvement, de vie, bref de liberté dans l’œuvre » Yolaine Escande, Présentation à Notes sur ce que j’ai vu et entendu en peinture.

Or de tous les arts, c’est certainement la musique qui laisse le plus de place à l’imagination de l’auditeur. C’est sans doute pourquoi elle occupe une place de choix dans les arts chinois comme nous l’a rappelé hier Corinne Nouvel. La conférencière a su nous faire partager son amour pour la musique chinoise. De belles photos d’instruments anciens, des commentaires simples mais où l’on sentait vibrer la passion, des extraits musicaux illustrant chaque instrument présenté nous ont fait pénétrer dans l’univers de la musique chinoise et, plus que cela, nous ont fait rêver.

A la fin de la conférence, une jeune fille a joué de l’erhu. Ce fut un moment magique, mais dont la magie devait sans doute beaucoup à la conférence et à l’état de réceptivité dans laquelle elle nous avait placés.

Puis-je pour conclure cet article formuler deux souhaits ?
- Corrine Nouvel a fondé une association qui se nomme Yin-Echos. Nous lui souhaitons longue vie. Peut-être un partenariat avec Chinafi serait-il possible ?
- J’aimerais avoir quelques éléments discographiques pour retrouver les morceaux musicaux entendus hier.
Jean-Louis

dimanche 23 janvier 2011

Conférence sur le thé


Une très belle conférence.
Devant une nombreuse assistance Françoise, très à l’aise, nous a fait découvrir le monde du thé : ses légendes, son histoire, ses rites, ses aspects botaniques, ses procédés de fabrication.

Sur le fond : un exposé clair, bien structuré et très documenté, bousculant peut-être au passage certaines idées reçues. J’ai, par exemple, été surpris d’apprendre que les premiers consommateurs de thé au monde sont les Anglais et les Irlandais. J’aurais parié que c’étaient les Chinois.

Sur la forme : des diapositives agréables à regarder. Mon voisin me fit remarquer notamment quelques très belles photos de boites de thé entourées de fleurs.
Preuve de l’intérêt porté par les participants, certaines personnes ont demandé s’il existait un exemplaire imprimé du texte de la conférence.

L’exposé se termina par un beau film de Jacques qui nous montra la cueillette, la fabrication et la dégustation du thé. En amateur de vin, je savais que l’on classait les vins par crus et par millésimes. Les amateurs de thé vont plus loin puisqu’ils vont jusqu’à préciser le jour de la cueillette. En effet la saveur peut varier en fonction de l’ensoleillement et d’autres facteurs réunis le jour de la récolte. Quelle subtilité !

Dans les Entretiens (VII,8) Confucius nous dit que le rôle du Maître, du professeur, du conférencier est de montrer un angle de la question. Au disciple, à l’élève, à l’assistance de soulever les trois autres angles. C’est ce que nous a donné envie de faire cette conférence.

A l’issue, nous nous sommes retrouvés autour d’un buffet dinatoire. Excellente formule qui permit de nombreux échanges. Comme pour les randonnées nos conférences sont aussi une occasion de nous retrouver et d’échanger. Et il est vivement souhaitable de maintenir les deux formules car les participants ne sont pas toujours les mêmes. Nous avons d’ailleurs eu la joie de retrouver certaines personnes que nous voyons trop rarement. Souhaitons que les décisionnaires du Conseil Régional nous entendent et nous donnent la possibilité de faire de nouvelles conférences dans le bel auditorium de la Maison de la Région.
Jean-Louis

mercredi 12 janvier 2011

La Chine à la Cité de la musique



La Chine sera présente du 17 au 28 janvier à La Cité de la musique, 4 rue Bernard Du Bois 13001 MARSEILLE.

Citons notamment :
- Du 17 au 28 janvier : Une exposition d’instruments de musique et une exposition de portraits d’enfants
- les 21 et 25 janvier : « Au-delà des mots » musique et danse contemporaine
- Le 26 janvier « De Belsunce à Pékin », contes chinois et projections
- Le 27 janvier à 18h30 une conférence sur la musique chinoise donnée par Corinne Nouvel
- Le 28 janvier à 20h30 un concert de musique chinoise "Résonances Chinoises" auquel participera Olivier.
Zhou Mi [erhu, grand violon à deux cordes]
Hou Guannan [pipa, luth classique]
Neige Shan [lectures et voix]
Corinne Nouvel [lectures et voix]
Olivier Guedon [hulusi, flûtes traditionnelles]
Yang Zhu [dizi, flûte traditionnelle


Comme vous pouvez le constater, un programme qui a l'air fort intéressant.
Vous trouverez tous les renseignements sur le site de la Cité de la musique :
www.citemusique-marseille.com

Jean-Louis

lundi 10 janvier 2011

Garlaban



La montagne ne craint que l’homme qui avance doucement.

Une randonnée bien sympathique pour cette première de l’année. Les éléments furent cléments à notre petit groupe. Les lourds nuages ont retenu leur pluie jusqu’au soir. Eole souffla juste ce qu’il faut pour nous rafraichir et jouer avec le cerf volant de Ji Zhe sans consentir, toutefois, à le faire voler. Les pierres du chemin nous ont rappelé que nous avons des pieds. Et puis la montagne du Garlaban est une vieille amie qui s’est laissé facilement apprivoiser.

Comme toujours avec Chinafi, le moment culturel ne fut pas absent lorsque nous essayâmes d’expliquer à nos amis chinois les mots « concomitant » ou « concupiscent » ou encore l’expression « aller se laver les mains ».

La journée se termina en beauté grâce à l’hospitalité de Françoise et Jacques. Une dégustation de thé nous donna un avant goût de la conférence.
Jean-Louis

vendredi 7 janvier 2011

Conférence sur le Thé




Le Thé,art de vivre
Conférence Chinafi par Mme Françoise L’Haridon
Samedi 22 janvier 2011 à 15 h.
Marseille : auditorium de la Maison de la Région, 61 La Canebière.

« Ce breuvage n’est pas autre chose que la douce et apaisante rosée tombée du ciel. » in : Annales des Song.

Le thé est actuellement une boisson universelle qui ignore les frontières. Né en Chine au IIIème millénaire avant notre ère, c’est un témoin privilégié de la rencontre de l’Orient et de l’Occident.
Cette conférence tentera de montrer ce que le thé peut nous apprendre sur l’histoire des hommes, comment l’art du thé a évolué en présentant plus particulièrement les thés d’origine chinoise, de la plantation jusqu’aux rites de dégustation.

Françoise


dimanche 2 janvier 2011

A NOUS LE GARLABAN



Dimanche prochain, donc le 09 janvier 2011 reserve ta journée pour une rando Chinafi vers le sommet mythique du Garlaban cher au coeur de tous les provençaux et en particulier Marcel Pagnol (n'est ce pas Jean Pierre ???)

Rendez vous à 9h30 au métro La Rose à Marseille ou à 9h00 à Aix devant l'office du tourisme ou encore à 10h au parking FONT DE MAI face à la clinique St Michel à Aubagne.

Prévoir comme d'habitude de bonnes chaussures et un non moins bon casse croute dans un sac à dos, bien se couvrir car même si la météo prévoit une journée ensoleillée nous sommes en janvier!!!

A dimanche donc

Nicole

samedi 1 janvier 2011

Bonne année 2011


Un super réveillon.
Des photos qui se passent de commentaires.
Bonne et heureuse année à tous.
Jean-Louis

mercredi 15 décembre 2010

On s'éclate

Vive notre chorale!!!
Un grand merci à Christiane pour son acceuil irréprochable !!!!




Que de la bonne humeur et des rires !!!

Nicole

mercredi 1 décembre 2010

Allégorie, déchiffrement et lecture


Petite soeur "Forêt" entourée de bambous, symbole de la fidélité

La rougeologie (Hong Xue) est, on le sait, une science à part entière en Chine. En France, elle n’en est qu’à ses débuts balbutiants et les rougeologues sont fort peu nombreux dans notre pays.

Je viens pourtant de lire un article de Jean Lévi qui apporte des éclairages intéressants sur le roman de Cao Xueqin. Cet article intitulé « Allégorie et personnages dans le Rêve dans le Pavillon Rouge » a été publié dans les cahiers du centre Marcel Granet. Il est fort riche faisant des comparaisons avec les Affinités électives de Goethe et bien sûr La Recherche du Temps Perdu. Mais on ne peut pas tout citer. Je me contenterai d’évoquer deux sujets abordés par Jean Lévi : d’une part l’allégorie ; d’autre pat le déchiffrement et la lecture.

Allégorie dans la correspondance des noms des personnages avec les éléments du monde. Ainsi Jia Baoyu, Jade Précieux, le héros, est rattaché par son nom à la Terre. Lin Daiyu, sa cousine amoureuse, porte dans son nom le signe du Bois. Le prénom de Xue Baochai, rivale de Lin, signifie Epingle d’Or et la place sous le signe du métal. Comme le dit Proust, les amoureux sont conjoints « par une force comparable à celle qui dirige les monde ». Quelle est l’attraction la plus grande sur l’élément Terre : le Métal ou le Bois ? D’un point de vue cosmologique, la Terre peut se combiner avec le Bois ou le Métal alors que le Bois et le Métal sont antagonistes comme le sont les deux cousines rivales. Jean Lévi fait remarquer que le jeune héros réunit dans son nom Jia Baoyu l’une des deux composantes du nom social de ses deux cousines Xue Baochai et Lin Daiyu. Quel rougeologue, ce Jean Lévi !

Mais l’allégorie doit se déchiffrer, se lire. L’acte de lecture, de déchiffrement apparait dans le roman à trois niveaux :
- L’auteur déchiffre le roman sur un roc. Son rôle se borne à le transmettre à ses lecteurs.
- Le lecteur doit déchiffrer les multiples symboles contenus dans le roman qui, tel l’univers, se présente comme un monde de signes à lire. Comme le dit Anne Kerlan-Stephens la différence entre auteur et récepteur tend à s’estomper dans cet acte commun de lecture.
- "Le rapport amoureux dans le roman est lecture d’une intériorité qui ne livre son authenticité qu’à travers des signes fallacieux, de sorte que la passion apparait comme consubstantielle au geste de déchiffrement. Le vrai moi reste une énigme ou plutôt s’exprime sur le mode de l’énigme. Il n’appelle pas une introspection mais le déchiffrement par une autre subjectivité qui le reconnait. On se donne à lire à l’autre, à telle enseigne que tout amant doit se doubler d’un lecteur".

Cet acte de déchiffrement me fait penser à ce que disait Lévi-Strauss à propos de la vérité que l’on reconnait au soin qu’elle met à se dissimuler. Anne Cheng nous rappelle que l’acte de lecture est intimement lié à la culture chinoise. Le caractère wen qui signifie culture désignait à l’origine les motifs, les dessins que les Sages de l’Antiquité ont déchiffrés pour nous transmettre l’écriture et la peinture et que continuent à déchiffrer les lettrés pour produire la culture.
Le monde, les jardins, les romans sont un univers de signes à déchiffrer. C’est la leçon du Rêve dans le Pavillon Rouge et c’est pourquoi, comme le disent joliment Jacques Dars et Chan Hingho, il émane de ce livre « une résonnance d’au-delà les cordes ».
Jean-Louis