vendredi 6 septembre 2013
De la peinture lettrée chinoise à Sengaï
Sengaï : les moines Kanzan et Jittoku
Dans l’article précédant consacré au Kennen-Ji, Nous avons vu que son fondateur, Yosaï, faisait partie de ses moines qui au XII° siècle, après avoir visité la Chine introduisirent le zen au Japon et répandirent la vogue du thé, en même temps que la technique chinoise de la peinture monochrome au lavis.
Sengaï (1750-1837) a sa place dans cette lignée. Quelques unes de ses peintures sont réunies dans un petit livre paru aux Editions « Pavillon des Arts » intitulé Sengaï, Traces d’encre. Les peintures présentées ici sont tirées de ce livre qui contient, en outre, plusieurs excellentes introductions dont une de Claude Lévi-Strauss.
En parcourant ce livre j’ai trouvé reformulé certaines notions que j’avais découvertes en préparant ma conférence sur la peinture chinoise. Or il me semble que rien ne vaut pour comprendre une idée, surtout si elle est difficile ou inhabituelle, que de la trouver formuler sous différentes formes. Il y a dans la reformulation à la fois un effet de reconnaissance et de surprise. Reconnaissance puisque l’on retrouve une idée déjà connue, surprise car elle est formulée dans des termes nouveaux qui permettent parfois, si j’ose dire (mais c’est un article sur le bouddhisme) l’illumination de la compréhension.
La lecture de ce petit livre permet de retrouver quelques grands principes du zen et de voir comment ils ont été traduits en peinture. On connait la jolie légende qui fait remonter l’école du zen jusqu’au Bouddha lui-même. Un jour, sur le mont des Vautours, le Bouddha historique ne donna pas à ses disciples son habituel sermon verbal, mais se tint simplement une fleur à la main. Un seul disciple, Kâsyapa, comprit ce message silencieux, le dhyâna (transcription chinoise chan, prononciation japonaise zen) qui place la méditation et la concentration avant l’étude des textes était né. Cette primauté de la méditation sur l’étude des textes est illustrée par deux dessins de Sengaï qui mettent en scène deux moines bouddhistes qui vivaient en Chine à l’époque des Tang : Kanzan (Han-Chan) et Jittoku (Che-Tô). Les calligraphies figurant sur ces dessins en donnent la signification : « Il est aussi difficile de saisir le Sens à la lecture des textes sacrés que de supprimer la poussière avec un balai ».
L’examen de ces deux dessins est fort instructif.
Si l’on fait une comparaison entre la peinture des lettrés chinois et les pentures de Sengaï, on constate une différence au niveau des thèmes. Le thème privilégié de la peinture lettrée chinoise qui est la peinture de paysage (Shanshui) ne se retrouve pas chez Sengaï qui préfère représenter des personnages de la tradition chinoise ou japonaise, des petites historiettes illustrant la sagesse zen, des masques de divinités ou encore des scènes de la vie quotidienne.
On peut toutefois trouver une certaine parenté par exemple au niveau de l’importance accordée à la calligraphie indissociable de la peinture comme chez les lettrés chinois ou encore de la période de méditation qui précède l’acte de peindre faisant de la peinture ce que Simon Leys appelle, dans le Bonheur des petits poissons, une « cosa mentale »
Considérons les deux moines représentés par Sengaï. Le comportement un peu farfelu de ces deux ermites, leur air insouciant et détaché était particulièrement prisé dans le monde du zen qui se rapproche par là du taoïsme qui affiche son mépris des conventions sociales. A l’attitude des deux personnages correspond la facture du dessin rapide et apparemment débraillée. Ces peintures sont réalisées après une période de méditation d’un tracé rapide et sans retouche comme les calligraphies et les peintures des lettrés chinois. On peut, peut-être, trouver une équivalence, une correspondance entre la réalisation de ces peintures et l’Eveil qui intervient également subitement après une période de méditation.
Les anecdotes racontant ces périodes de méditation qui précédent l’acte de peindre son innombrables dans la littérature chinoise. Simon Leys dans le Bonheur des petits poissons en raconte que l’on doit à Zhuang Zi : « un prince voulait faire exécuter des peintures dans son palais ; une foule de peintres répondirent à son invitation et, après avoir présenté leurs respects, ils s’affairèrent aussitôt devant lui, léchant leurs pinceaux et broyant leur encre. Un seul toutefois, arriva après tous les autres ; sans se presser, il salua le prince au passage, puis disparut en coulisses. Intrigué, le prince chargea un serviteur d’aller voir ce qu’il faisait. Le serviteur revint tout perplexe : « Cet individu s’est déshabillé et il s’est assis demi-nu, à ne rien faire. – Splendide ! s’écria le prince, celui-là fera l’affaire : c’est un vrai peintre ». Simon Leys conclut en soulignant l’importance, dans la peinture lettrée, de l’exercice de l’écriture idéographique et de la pratique de la méditation enseignée par le taoïsme et le bouddhisme chan.
La peinture de Sengaï comme la peinture lettrée chinoise ne repose pas sur l’imitation d’un modèle, ne repose pas sur la mimesis (Voir Su Shi « rechercher la ressemblance en peinture est un enfantillage »). Claude Lévi-Strauss le souligne : « Elle résulte de la rencontre impromptue de la réalité et d’un geste. Elle célèbre la coïncidence, mieux vaudrait dire la fusion de deux phénomènes transitoires : une forme, une expression ou une attitude, et l’élan donné au pinceau. A sa façon, la peinture zen exprime l’essence de la pensée bouddhique qui refuse toute réalité permanente aux êtres et aux choses. »
Ainsi un détour par les peintures de Sengaï m’a permis de retrouver et de mieux comprendre la peinture lettrée chinoise.
Un autre trait caractéristique des peintures de Sengaï et d’une manière plus générale du zen c’est l’humour. Ce trait est si important et sympathique qu’il mérite bien que l’on consacre un article à l’humour et …à la pédagogie oblique.
A suivre,
Jean-Louis
mercredi 4 septembre 2013
Autour du berceau
Venir à la chorale c’est un peu comme partir en voyage. Il n’est pas toujours facile de se décider et de s’extraire de sa maison. On se dit « qu’est ce que je vais faire là bas ? Il n’y aura personne aujourd’hui ». Il faut pourtant un peu se forcer car les bonnes surprises sont souvent au rendez-vous. Ainsi ce mardi nous avons la joie de retrouver, Martine, une amie de longue date, nouvelle choriste. Puis M. Gao et Mme Chen, bientôt rejoints par Emilie et Ludivine, toutes souriantes, revenues d’un long périple en Europe qu’elles nous raconteront dans la voiture.
Nous nous dirigeons vers la plage du Prado, à proximité de la grande roue. Bientôt arrivent HongYuan, Nicolas et leur petite famille suivis de Renaud, les bras chargés de bouteilles.
Les problèmes de communication et de langage sont résolus lorsque nous commençons à chanter autour du berceau du petit Matisse. A la demande de la maman, nous commençons par « A la claire fontaine ». Le benjamin de notre chorale (un mois et demi) bat la mesure avec les pieds. Est-ce grâce aux ondes positives qui émanent du berceau ? Mais c’est un moment assez magique. Les visages sont éclairés par le soleil couchant et par le chant. Une bonne partie de notre répertoire y passe. En levant nos verres nous buvons encore "à l’amitié, l’amour, la joie" en l’honneur de Ludivine et d’Emilie qui vont bientôt rentrer en Chine. Elles repartent respectivement le 23 et le 28 septembre. Peut-être pourrons-nous faire une petite fête pour célébrer leur départ.
En partant, Nicolas, nous signale qu’il y aura, en septembre, à Marseille, de nombreuses activités liées à la mer. Il nous communiquera les informations que nous ne manquerons pas de vous faire suivre.
Quelle joie d’avoir trouver de nouveaux amis ! Quelle joie d’aborder cette rentrée qui s’annonce pleine de promesses. Chers lecteurs du blog, certes peu nombreux mais fidèles, n’hésitez pas à venir nous rejoindre pour partager avec nous ces petits moments de bonheur.
Jean-Louis
dimanche 1 septembre 2013
Du Chan au Zen
De retour du Japon on me demande souvent de comparer ce pays avec la Chine. On attend de moi que je donne des préférences. Plutôt que de faire un classement entre ces deux pays je préfère dire comment un voyage au Japon permet de retrouver certains aspects de la culture chinoise, de les aborder sous un angle nouveau et peut-être de mieux les comprendre.
Bien entendu, je n’ai pas les compétences pour traiter de l’influence de la culture chinoise sur la culture japonaise et de voir comment celle-ci a adapté celle-là. Je voudrais me borner à un aspect qui concerne l’école chinoise du Chan devenue au Japon l’école du Zen.
Lorsque l’on voyage au Japon, particulièrement à Kyôto, on peut visiter de nombreux temples Zen qui sont toujours un ravissement pour les yeux. Dans cet article je voudrais vous inviter à découvrir le Kennen-ji, le plus ancien temple Zen de Kyôto.
Par ailleurs, en préparant mon voyage j’ai consulté un livre présentant les peintures de Sengaï, un moine Zen qui vécu de 1750 à 1837. Ces peintures sont précédées d’une préface de Claude Lévi-Strauss qui éprouva un intérêt fort vif pour le Japon où il donna plusieurs conférences. La lecture de cette préface, la découverte des peintures de Sengaï m’ont permis de retrouver certaines notions découvertes en lisant l’Histoire de la pensée chinoise d’Anne Cheng ou encore les livres consacrés à la peinture chinoise étudiés dans le cadre de ma conférence. J’en rendrai compte dans un prochain article.
Commençons donc par la visite du Kennin-ji. Aborder le bouddhisme Zen et particulièrement le Kennen-Ji, c’est découvrir un art de vivre qui couvre de nombreux domaines évoqués lors des conférences Chinafi : l’art des jardins, la peinture et la calligraphie mais aussi la Voie du thé.
Transmettre l’esprit du Zen et les vertus du thé.
Le fondateur du Kennen-ji, Yôsai ou Eisai, qui vécu au XII°/XIII° siècle s’est rendu à deux reprises en Chine. Il fut l’un des moines qui transmit le Chan devenu le Zen au Japon. Il est également connu comme « Père du thé » pour avoir rapporté de Chine des graines de thé, encouragé sa culture au Japon et diffusé la façon de l’utiliser. De nos jours encore chaque année, au printemps, une grande cérémonie du thé est organisée en l’honneur de son fondateur.
Le visiteur du Kennin-ji est accueilli par un magnifique paravent, classé trésor national, représentant le dieu du vent et le dieu du tonnerre. Il peut ensuite de promener dans une enfilade de belles salles ornées de peinture et de calligraphies. Dans un bâtiment on peut admirer une représentation de Shâkyamuni assis ayant atteint l’éveil. Et puis c’est le merveilleux jardin sec, le Daiô-en qui met en scène sable blanc, mousse et gros rochers. Je suis peu réceptif aux techniques de relaxation. Pourtant je dois avouer avoir été touché par la sérénité des lieux. Peut-être est-ce dû à la fatigue, j’ai beaucoup marché pendant ce voyage. Mais certainement la beauté du jardin où je suis presque seul y est pour quelque chose. Je m’assois pour le contempler. Une cloche sonne. Un office a lieu dans un pavillon voisin.
Assis devant ce jardin, je suis au point d’aboutissement du cheminement des idées vers l’Orient. Le Dhyâna de la doctrine indienne est devenu le Chan en Chine puis le Zen au Japon. Chaque peuple a su adapter ces idées à son propre génie pour en faire une culture originale. C’est cette merveilleuse alchimie que nous retrouverons dans les peintures de Sengaï.
A suivre,
Jean-Louis
vendredi 30 août 2013
Le Japon entre modernité et tradition
Je reviens d’un court voyage au Japon.
Une des traits qui frappe le plus dans ce pays et qui en est pour moi un de ses plus grands charmes c’est un mélange de traditions et de modernité. Je consacrerai un premier article à ce thème.
La seconde chose qui va intéresser l’amateur de culture chinoise c’est qu’un détour par la culture japonaise m’a permis de retrouver sous un nouvel angle certaines notions chinoises, notamment celles que j’avais découvertes en travaillant à la préparation de mes conférences, et ainsi, peut-être, de mieux les comprendre. Ce thème fera l’objet d’un second article.
Le Japon entre modernité tradition.
La modernité, c’est bien sûr les buildings en verre, sièges des grandes compagnies qui font du Japon une des premières puissances économiques du monde ; c’est Harajuku, le quartier branché de Tôkyô où l’on peut voir des jeunes filles déguisées en personnages de mangas et où j’ai trouvé un restaurant fort sympathique dans une galerie d’art, c’est Akihabara, un autre quartier de la capitale, avec son Electric City, fief de l’électronique.
La tradition, ce sont ces femmes en kimono assez nombreuses dans les rues, dans les bus. Ce sont les ryokan, ces auberges japonaises traditionnelles où l’on marche sur des tatami, où l’on dort dans des futon et où l’on peut prendre des bains dans des oncen, des sources d’eau chaude. Après le bain vous serez invité à manger des udon dans une salle de relaxation. La tradition, ce sont les cérémonies du thé au rituel complexe où l’on boit un thé surprenant : le matcha. J’en ai ramené, nous pourrons le goûter pendant la chorale. La tradition, c’est une geisha aperçue furtivement dans une rue du quartier de Gion, ce sont ces magnifiques estampes vues à l’Ota Museum qui nous montrent des scènes de la vie quotidienne à l’époque Edo ou des acteurs du théâtre kabuki dont je voudrais tant voir une représentation.
Mais la tradition c’est surtout le maintien, à travers le shintoïsme, d’une religion animiste que l’on célèbre dans des milliers de sanctuaires.
Je voudrais raconter ma visite à l’un d’entre eux qui reste un de mes plus beaux souvenirs de mon voyage au Japon. Anne m’avait conseillé d’aller randonner sur le sentier des philosophes au Nord-Est de Kyôto ainsi nommé parce que les moines des temples environnants viennent y méditer depuis des siècles. Il s’agit d’un petit chemin ombragé longeant un ruisseau dont le caractère paisible invite effectivement à la méditation. Au bord du sentier des petites idoles en pierre habillées de robes, sans doute des kami. Bientôt nous arrivons au café « La Pomme » où j’invite mon guide bénévole à faire une petite halte. En savourant nos consommations nous écoutons de veilles chansons françaises d’Edith Piaf ou de Charles Trenet. La France est très tendance au Japon. On peut lire souvent des phrases en français comme celle-ci vue sur le sac d’une jeune femme : « vous n’avez pas les os en verre, vous pouvez vous cogner à la vie » ou cette autre, étonnante, vue sur une boulangerie : « donne nous aujourd’hui notre pain quotidien ».
Nous reprenons le chemin des philosophes. Sur la gauche un sentier orné de deux belles lanternes nous conduit à un petit sanctuaire, un jinja. A l’entrée nous rencontrons les statues de deux animaux fabuleux mi-chiens, mi-lions. L’un à la bouche fermée, l’autre la bouche ouverte. C’est l’Alpha et l’Oméga m’explique mon guide. A eux deux ils représentent l’ensemble des forces cosmiques régissant l’univers. Nous franchissons un petit torii rouge. Les torri sont des portiques marquant la séparation avec le monde profane. Ils évoquent le perchoir, les oiseaux étant des messagers entre les hommes et les divinités. Comme dans tous les sanctuaires nous trouvons un bassin de purification. De l’eau coule d’un tuyau en bambou dans une vasque en pierre. Mon guide me dit la signification des objets suspendus aux poutres. Les longues pailles représentent la pluie, les papiers blancs pliés en zigzags sont les éclairs. Si j’ai bien compris ce sont les éléments de fertilisation du sol. Nous voici au cœur du sanctuaire. Nous sommes entourés de statues d’animaux. Des souris qui ont dans leurs petites pattes des rouleaux ou des boules, des renards qui portent dans leur bouches les messages des hommes pour les divinités, un serpent, un aigle, un singe. Ces statues sont souvent enfouies dans la végétation ce qui accentue la proximité des règnes végétal, animal et minéral. Pendant un instant on se croirait transporté au pays des merveilles d’Alice ou au temps du Mythe lorsque les hommes, les animaux, les végétaux, les minéraux parlaient le même langage et se comprenaient.
Le soleil se couche. Nous regagnons le centre ville en prenant un bus avec trois jeunes femmes en kimono qui n'arrêtent pas de rire. Nous allons diner dans un petit restaurant traditionnel fréquenté, parait-il, par Kurosawa. Pourtant pas de touristes. Quelques Japonais. On nous emmène dans une salle à l’arrière du restaurant. Nous nous déchaussons. Des sièges avec un coussin blanc où l’on s’installe en croisant les jambes. Nous faisons coulisser les volets de paille et nous découvrons un petit jardin intérieur avec sa lanterne. Je commande une soupe avec des udon qui sont des pâtes de blé assez épaisses. Mon compagnon prend des soba, des pâtes de sarrasin. Il me montre comment on joint les mains avant le repas en signe de remerciement aux divinités. C’est délicieux.
Nous reprenons le chemin de l’hôtel. Sur la grande avenue bordée de buildings, devant nous, un homme et une femme vêtus d’une robe noire avec des caractères chinois dans le dos. L’homme fait claquer des morceaux de bois l’un contre l’autre et chante dans une veille langue que mon guide ne comprend pas.
A suivre,
Jean-Louis
jeudi 29 août 2013
Informations Chinafi
Voici quelques informations que je souhaite porter à votre connaissance
1) Un cours d'essai offert avant inscription à ceux qui sont intéressés par l'apprentissage du chinois
2) Participation à la journée des associations
Bienvenue sur notre stand le 8 septembre 2013
AIX : Cours Mirabeau;
Marseille : Parc Borely, Vivacité
3) Journée porte ouverte dans les locaux de CHINAFI le samedi 14 septembre à partir de 10 heures. Bienvenue à tous
4)CHINAFI est ouvert tous les jours pour vous donner des renseignements.
5)Nouveautés : Formation à DISTANCE et CHINESE CORNER
Et bien sûr un programme très riche en conférences, sorties, chorale ...
Vous pouvez obtenir des renseignements complémentaires
en écrivant à : contact@chinafi.net ou en téléphonant au : 06.69.51.14.12
MENG Dan
1) Un cours d'essai offert avant inscription à ceux qui sont intéressés par l'apprentissage du chinois
2) Participation à la journée des associations
Bienvenue sur notre stand le 8 septembre 2013
AIX : Cours Mirabeau;
Marseille : Parc Borely, Vivacité
3) Journée porte ouverte dans les locaux de CHINAFI le samedi 14 septembre à partir de 10 heures. Bienvenue à tous
4)CHINAFI est ouvert tous les jours pour vous donner des renseignements.
5)Nouveautés : Formation à DISTANCE et CHINESE CORNER
Et bien sûr un programme très riche en conférences, sorties, chorale ...
Vous pouvez obtenir des renseignements complémentaires
en écrivant à : contact@chinafi.net ou en téléphonant au : 06.69.51.14.12
MENG Dan
lundi 19 août 2013
Le chant des sirènes
Nous devons ces belles photos aquatiques prises lors de notre soirée à La Ciotat (voir article "une chorale waterproof") à Jean-Mi.
Il y a quelques années nous cherchions un nom pour notre chorale. En regardant ces photos, je me dis que nous pourrions l'appeler le "chant des sirènes"...
A bientôt,
Jean-Louis
mercredi 14 août 2013
Une chorale waterproof
Nicole a la bonne idée, ce mardi, de proposer une baignade sur les plages de La Ciotat. Ce projet a tellement de succès que nous ne pouvons emmener tout le monde. Un grand merci à Jean-Mi qui n’a pas hésité à venir de La Ciotat pour prendre quelques personnes.
Nous retrouvons M. Gao et Mme Chen de retour en France et nous faisons la connaissance de Hongyan, de Nicolas et de leur petite famille, tous très sympathiques. Nous espérons les revoir souvent.
L’eau est un peu fraiche. Mais nos amis, s’éclaboussant, s’en donnent à cœur joie. Mme Chen et les parents de Hongyan ne sont pas en reste. Grâce au nouvel appareil de Jean-Mi nous prenons quelques photos sous marines qui seront bientôt en ligne. Cui Dian me dit qu’il voudrait apprendre à nager. Je m’improvise maitre nageur et lui apprend à faire la planche. Mais je cède bientôt la place à Nicolas beaucoup plus compétent.
Pendant le pique-nique, arrosé de vin blanc et rosé, nous goûtons les délicieuses nouilles de Mme Chen.
Et puis c’est l’heure des chants. Nous nous installons sur une petite esplanade qui surplombe la plage. C’est la vertu des chants de créer un lien immédiat même entre des personnes qui se voient pour la première fois. Sur la chanson de Su Shi, Muzi accompagnée de Cui Dian se met à danser. C’est un grand moment
Muzi va partir faire un stage de quatre mois à Paris. Un peu triste de nous quitter, elle me demande si une association comme Chinafi existe dans la Capitale. Je crains que non. Chinafi est unique et nous avons la chance l’avoir à Marseille. Muzi, nous te souhaitons un bon stage à Paris. Tu peux revenir quand tu veux tu seras toujours la bienvenue.
Pour terminer la soirée nous remontons la plage en direction d’une petite promenade qui longe la mer. Certains, pleins d’énergie, aurait même voulu l’emprunter. C’était sans doute une bonne idée. Il faudra revenir.
Voilà nous allons faire une petite pause dans nos activités. Nous nous retrouverons, je pense, le 3 septembre avec beaucoup de choses à nous raconter, pour commencer une nouvelle année chinafienne qui s’annonce très prometteuse.
Jean-Louis
mercredi 31 juillet 2013
Ecouter la mer au Frioul
Cher lecteur botaniste pouvez vous nous dire quelle est cette mystérieuse plante du Frioul ?
Notre chorale m’a toujours fait penser à la petite bande chère au héros de A la Recherche du Temps Perdu que le narrateur compare à ces organismes marins primitifs que sont les polybiers. Comme les sporades du « pâle madrépore» les membres de notre chorale peuvent se disperser, mais il en vient toujours de nouveaux et elle demeure là, toujours aussi vivante, pour nous communiquer son énergie.
Ce mardi c’est une « petite bande » presque entièrement renouvelée, vacances obligent, qui embarque à bord du « Henri-Jacques Espérandieu » pour aller écouter la mer au Frioul. Nous nous mettons à l’avant du bateau. Les membres d’équipage ferment les portes des cabines et nous préviennent : « Il y a du vent. La mer risque d’être un peu forte. Vous allez être mouillés ». Effectivement, une fois la digue à la mer dépassée, le bateau se met à tanguer et lorsque nous piquons du nez, nous embarquons quelques petits paquets de mer à la grande joie de nos amis. Nous laissons le château d’If sur notre gauche et bientôt nous arrivons au petit port de l’archipel.
Cela fait plus de vingt ans que je n’avais pas visité cette ile, je suis content d’y revenir. Nous prenons une petite route à droite du port en direction de la plage de Sainte Estève. Le paysage est un peu austère. Nous longeons d’anciens pavillons à demi ruinés. Sans doute d’anciens établissements sanitaires. Une maigre végétation borde la route : des petits palmiers, des cactus et des muriers platanes dont nous cueillons quelques fruits : délicieux ! Nicole nous explique que ces arbres sont nombreux en Arménie. Avec les mures ont fabrique un alcool fort que j’espère bien goûter un jour. Nous rencontrons aussi souvent une plante que nous n’avons pas su reconnaître. Elle est formée d’une tige élancée couronnée par quelques grappes de fruits ou de fleurs. Peut-être un de nos lecteurs, savant botaniste, pourra t-il nous en dire le nom. Bientôt la route s’élève et le paysage devient plus riant. Nous prenons une photo de groupe sur une petite esplanade avec le Château d’If en toile de fond.
Mais voici la plage. A peine avons-nous installé les serviettes que Fan Lu, très en forme, est déjà dans l’eau. Elle nage longtemps jusqu’aux bouées jaunes qui délimitent la zone de baignade. Les autres nageurs sont un peu plus réservés. Le mistral a refroidi la mer et les galets sont durs aux pieds. Pour le pique-nique, Nicole propose de se mettre à l’autre extrémité de la plage restée au soleil. Nos amis partent à la recherche des oursins, des arapèdes et des crabes. Et nous chantons. Mais il faut bien rentrer. Nous allons acheter des glaces dans le petit établissement qui domine la plage. La marchande est en train de fermer. Mais elle nous dit « vous chantez tellement bien que je ne peux rien vous refuser ». Elle est gentille.
Sous la conduite de Nicole, nous prenons un autre chemin pour le retour. Nous gravissons la colline en direction du fort de Rappenau. Nous découvrons l’autre versant de l’ile. Les collines du Rôve et de L’Estaque. Nous comptons cinq viaducs. Nos amis escaladent les rochers. Ils veulent assister au coucher du soleil. Fan Lu déchainée chante « Ecouter la mer ». Nous guettons le rayon vert et peut-être nous l’apercevons. Nous reprenons notre route à travers les anciennes fortifications. Nous sommes à quelques encablures du centre de Marseille et c’est déjà un autre monde. Nous rejoignons le port en dévalant un petit pierrier.
Comme à l’aller nous nous asseyons à l’avant du bateau. Une des caractéristiques, j’allais dire une des forces de notre chorale, c’est qu’elle n’intimide personne et les autres passagers n’ont pas peur de chanter avec nous. Le sympathique capitaine de « L’Edmond Dantes » vient même, un moment, battre la mesure.
Pour mieux goûter le vent de la mer et la beauté de la nuit, Fan Lu s’est installée à l’extrême pointe du bateau comme les figures de proue des anciens navires. Je lui laisse le mot de la fin « lorsque je sors avec Chinafi, j’oublie toutes mes préoccupations ».
Jean-Louis
dimanche 7 juillet 2013
Chez Fleur et Guy
Trouver la maison de Fleur et de Guy n’est pas une chose facile. Heureusement j’ai Anne comme passagère-copilote. Nous traversons la belle campagne aixoise sur de petites routes bordées de champs de blé. Mais nous voici sous l’aqueduc de Roquefavour. Une jolie rivière coule en contrebas où quelques baigneurs se rafraichissent de la chaleur de cette journée. Nous commençons à penser que nous nous sommes trompés car l’aqueduc n’est pas mentionné sur le plan de Guy. « Chouf, chouf » me dit Anne. D’habitude, j’enrichis mon vocabulaire en regardant « Plus belle la vie ». Et si maintenant je kiffe les meufs, je n’avais pas encore chouffer pour trouver mon chemin. Heureusement quelques coups de téléphone nous permettent d’arriver à bon port.
Guy nous conduit dans le parc où une surprise nous attend. Plusieurs tables sont apprêtées comme pour un somptueux festin. Les nappes sont mises, des fleurs et deux chandeliers ornent les tables. Nous allons vers le petit bassin et sa fontaine. A notre approche, les poissons rouges timides vont se cacher sous les nénuphars. C’est une belle soirée d’été. Il n’y a pas de vent. Dans les grands pins, j’entends pour la première fois de l’année les cigales nous donner un concert.
Petit à petit les invités arrivent. Nous mettons les chaises en cercle pour faire salon. Je suis assis à côté de Mado que j’ai la joie de revoir. C’est bon de se retrouver entre amis. Pour l’apéritif, j’opte pour le vin blanc de la Tour d’Aigues accompagné d’un délicieux cake.
Nous regagnons nos tables et le festin commence composé de spécialités portugaises, provençales et chinoises. Les bougies sont allumées composant une atmosphère romantique qui doit plaire à nos amis chinois. Mais voici le moment des desserts et des chansons. Guy commence par la « cuisine asiatique » avec la gestuelle appropriée et enchaine avec la « sardinade » et « pour faire une pizza ». Notre chorale, bien sûr, n’est pas en reste. Un de nos nouveaux membres, Eric, chante avec nous « Peng you » qu’il traduit par pingouins. J’avais déjà vu Dan prendre des fous rires, mais jamais comme ce soir en entendant Eric lire la traduction de la chanson.
Nous poussons un peu les tables pour dégager la terrasse et en faire une piste de danse. Fleur montre l’exemple. Quel rythme ! Elle entraine bientôt d’autres danseurs toutes générations confondues. Pour certaines de nos amies chinoises c’est leur première danse. Je me souviens, il y a quelques années, Yating m’avait dit avoir dansé pour la première fois dans cette maison.
Guy distribue un CD contenant quelques uns de ses succès. Je suis sûr que nos amis l’écouteront avec émotion lorsqu’ils seront rentrés en Chine.
Voilà les meilleures choses ont une fin et il est temps de se quitter. Mais nous ne sommes pas tristes car nous savons que nous allons beaucoup chanter sur les plages, cet été. Des rendez-vous sont déjà pris pour la rentrée :
- Une sortie nocturne avec Jean-Marc le 21 septembre
- Une conférence sur la musique chinoise avec Corinne Nouvel et Olivier le 28 septembre
- Une conférence avec Joël Bellassen sur la culture chinoise le 4 octobre
Et bien d’autres projets dont nous vous parlerons le moment venu.
Un grand merci à Fleur et à Guy pour cette magnifique soirée et pour leur accueil si chaleureux.
Jean-Louis
mercredi 3 juillet 2013
La chorale à l'Estaque
Georges BRAQUE, Viaduc de l'Estaque, 1908
Voici l’été, voici les vacances pour notre chère chorale aussi. Le tempo de la rue Falque a fermé ses portes jusqu’au mois de septembre. C’est le moment de profiter des plaisirs de la mer : la plage et les sorties en bateau.
Ce mardi nous avons décidé de prendre la navette de la RTM qui conduit à l’Estaque. Lorsque l’embarcadère ouvre ses portes notre petit groupe de 19 chanteurs envahit l’avant du bateau. Et nous voici partis traversant le Vieux-Port dépassant ou croisant de petites embarcations. Nous doublons le fort Saint Jean, le Mucem et la digue à la mer sur notre droite, le Pharo sur notre gauche. Nous passons devant le port de la Joliette où les gros ferrys attendent de lever l’ancre pour la Corse ou l’Afrique du Nord et nous longeons la côte en direction de l’Estaque. Le paysage est magnifique. Nicole avait eu la bonne idée d’emmener un bocal de carottes qui circule de mains en mains. Une petite fille veut aussi en goûter en échange de quelques popcorns. L’ambiance maritime nous inspire et nous reprenons tous en chœur Santiano.
Nous approchons de notre destination, nous apercevons le clocher de l’Estaque. De belles grues se dressent pour nous accueillir. Nous dépassons le port et nous accostons dans un endroit bien aménagé orné de petits palmiers. Des enfants s’en donnent à cœur joie sous les jets d’eau. Nous partons en direction du sentier des peintres saluant au passage la villa Palestine. Nous gravissons les rues étroites du village jusqu’à la place de l’église où une plaque signale la maison que Cézanne occupa pendant ses séjours à l’Estaque de 1870 à 1882. De cette place on découvre la baie de Marseille et l’on comprend ce qui fascina Cézanne, Braque, Derain, Dufy et tant d’autres. Un peu plus haut on trouve de vieilles bastides aux noms évocateurs : « La Souvenance »… Nous remarquons l’enchevêtrement des maisons et des toits aux formes géométriques qui explique que ce paysage ait pu inspirer les premiers tableaux cubistes. Un arrêt devant l’ancien hôtel de la Falaise où séjournèrent George Sand, Paganini. Braque et Marquet y travaillèrent. J’ai voulu faire découvrir à nos amis le viaduc peint par Braque en 1908 que j’avais vu au mois de septembre dernier avec Olivier. En regardant ce paysage, je me souviens de ma visite à la fondation Regards de Provence. La conférencière nous avait expliqué que l’école des peintres provençaux dont Emile Loubon fut un des chefs de file, avait résolument tourné le dos à la modernité refusant, par exemple, de peindre le pont transbordeur, préférant représenter les paysages traditionnels de la Provence : les bergers avec leur troupeaux, les garrigues … Les impressionnistes, les cubistes, au contraire, choisissent leurs motifs dans le monde industriel naissant tel qu’on peut le voir à l’Estaque au tournant du XIX° et du XX° siècle : les cheminées d’usines, les viaducs, les chemins de fer, les carrières …
Mais après les nourritures spirituelles, il faut penser aux nourritures terrestres et nous nous dirigeons vers la seule échoppe de chichis ouverte où une queue impressionnante nous attend. Mais le temps passe vite en se demandant comment nous allons agrémenter nos chichis. Au sucre, au nutella ou à la chantilly ? Je conseille un mélange des trois. J’assiste au combat entre la gourmandise et l’élégance (la peur de prendre du poids). Mais il faut pouvoir dire, quand on rentrera, en Chine wo che chichis le… et nous emportons chichis et panisses.
Le voyage du retour fut encore, si c’est possible, plus beau qu’à l’aller. Nous occupons cette fois l’arrière du bateau. Quelle ambiance ! Il faut avoir vu Eric, Jacques et Michel assis côte à côte, se balançant de droite à gauche. Tandis que les lumières de l’Estaque s’éloignent dans le sillage du bateau nous offrons une véritable aubade aux passagers qui viennent nous voir intrigués et reprennent avec nous les chansons françaises. L’arrivée sur le port est magnifique. Le Mucem scintillant de lumières bleues, le Pharo illuminé en jaune et en rouge. C’est à couper le souffle. En descendant une passagère nous remercie pour notre concert.
Il y a quelques années une collègue de travail, une amie était venue me trouver dans mon bureau. Elle venait me montrer un petit encart de Marseille-hebdo où l’on parlait d’une association d’amitié franco-chinoise. Pour la première fois je lisais le nom de Chinafi. Ce soir je la remercie.
Jean-Louis
PS le second diaporama m'a été transmis par Yixin. Un grand merci à elle.
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